INTRODUCTION
Une charte du 28 février 972, émanée de l'évêque Nefingus et dont on trouvera le texte sous le numéro XX du present volume, permet d'affirmer que, à Angers, dans le lieu occupé aujourd'hui par la Préfecture, il fut établi par ordre du roi Childebert une abbaye royale, qui reçut sa constitution de l'évêque de Paris, saint Germain. A ce renseignement la tradition ajoute que la fondation eut lieu en 534 et que le nouvel établissement, placé sous le patronage de saint Germain d'Auxerre, fut désigné sous le nom de ce saint jusqu'à l'époque où l'usage s'établit de lui donner celui du célèbre évêque d'Angers, saint Aubin, vocable sous lequel il figure déjà à deux reprises, en 616, avec son premier abbé connu, Bobenus, au testament de saint Bertrand, évêque du Mans.1 Saint Aubin, né vers 467, au diocèse de Vannes, était abbé de Nantilly depuis 504, quand, en 529, alors qu'il était âgé de soixante ans, il fut élu évêque d'Angers, siège sur lequel il mourut le 1er mars 550. Après avoir reçu la sépulture à Saint- Pierre d'Angers, son corps fut apporté au monastère royal, auquel la piété populaire ne tarda guère à imposer le nom de Saint-Aubin qu'il ne devait plus quitter. L'abbaye avait plus de quatre siècles d'existence quand, le 19 juin 966, le comte d'Anjou apporta dans son personnel une modification qui fut définitive. Aux chanoines, plus ou moins réguliers, qui, jusque - là, avaient occupé l'abbaye, et dont
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Charlemagne avait limité le nombre à cinquante1, Geoffroy Grisegonelle substitua des moines soumis à la règle de saint Benoît, ayant pour abbé Widbold 2. La communauté ainsi constituée ne tarda pas à jouir d'une grande prosperité qui se maintint durant tout le moyen âge et s'affaiblit à l'époque seulement où l'établissement de la commende vint, en relâchant la discipline, ouvrir la porte à des désordres que les guerres du XVIe siècle favorisèrent singulièrement.
Au milieu du XVIIe siècle, le 3 octobre 1660, l'évêque d'Angers, Henri Arnauld, introduisit à Saint-Aubin la réforme de Saint-Maur, laquelle ne se fit pas plus à Angers qu'ailleurs sans la vive résistance de tous ceux dont une règle sévère établie à l'abbaye devait troubler les habitudes ou heurter les intérêts3. L'abbaye ne comptait plus que quinze moines, le 17 avril 1790, lorsque la communauté fut sommée de se dissoudre sous huit jours et d'abandonner les bâtiments qui lui appartenaient et dont l'administration départementale trouvait à propos de s'emparer pour les transformer en bureaux et s'y installer elle-même. L'abbaye des lors n'existait plus, et ses bâtiments ne tardèrent pas a devenir - ce qu'ils sont encore aujourd'hui-le siège de l'administration du département de Maine-et-Loire. Entre les annees 534 et 1790, l'abbaye fut reconstruite et modifiée bien des fois. Les bâtiments qui subsistent encore datent, pour la plus grande partie, de 1692 et figurent sur la vue à vol d'oiseau qui a pris place, sous le numéro 125, dans le Monasticon Gallicanum. Quelques parties plus anciennes existent cependant encore: c'est la tour isolée, haute de trente-deux
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mètres, qui conserve intact son double étage construit au Xlle siècle1; ce sont encore les admirables restes du cloître roman, avec Ies curieuses peintures de ses arcades, decouverts lors des travaux de 1836, et la porte isolée, dégagée par ceux de 1853. Ces importants débris remontent probablement à la fin du premier tiers du Xlle siècle, époque des grands travaux entrepris par l'abbé Robert; peut-être même faudrait-il les dater de la fin du Xle siècle2. On le voit, des vieilles constructions de l'abbaye il est peu de chose qui subsiste encore3, et malheureusement il en est de même des documents relatifs aux premiers siecles de son histoire; aussi est-ce pour en sauver Ies débris qu'on a cru devoir mettre au jour les neuf cent cinquante pièces, antérieures au XIIIe siècle, recueillies ici. Ces pièces sont partagées entre deux volumes, dont les documents se distinguent les uns des autres par la différence des sources qui les ont fournies. Le tome Ier est exclusivement consacré à la reproduction du
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manuscrit connu sous le titre de Cartulaire de Saint-Aubin et qui a été transcrit vers l'an 1175 par les moines de l'abbaye. Il contient trois cent quatre-vingt-douze documents. Le tome II qui en renferme six cent cinquante-quatre1, est un recueil constitué par nous et où se trouvent toutes les chartes des archives de Saint-Aubin qu'il a été possible de reunir, en dehors de celles copiées au cartulaire même. Le cartulaire de Saint-Aubin (numéro 745 des manuscrits de la Bibliothèque d'Angers, devenu le n 829 dans le catalogue de M. Molinier) est l'un des plus beaux recueils de chartes qui existent en France. Sorti des archives de l'abbaye pour entrer, le 3 mai 1790, dans les Archives de Maine-et-Loire, il ne tarda guère à quitter celles-ci pour tomber dans les mains du feudiste Joseph Audouys et de là dans celles de Toussaint Grille2. Compris, sous le numéro 3150, dans la vente du cabinet de ce dernier, il fut acheté le 24 mai 1851, par la Bibliothèque d'Angers, dont il est l'un des manuscrits les plus importants3. Il consiste en 128 folios en parchemin de belle qualité et de grande taille (370 millimètres sur 271), sur lesquels les documents ont pris place, divisés en trente-deux chapitres. C'est une ?uvre inachevée, quant à la quantité de ses chapitres, et incomplète, quant au nombre des pièces dans chaque chapitre. En effet, on y constate l'omission de beaucoup d'actes qui se recommandent cependant par leur ancienneté ou par leur importance. Dès le Xlle siècle on avait constaté ces lacunes et on s'était efforcé de les combler, ainsi qu'il est facile de s'en rendre compte en voyant qu'un certain nombre des pièces qui
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figurent au cartulaire y ont été insérées dès le XIIe siècle, mais que leur écriture est plus récente que celle du corps du volume. Le manuscrit a été établi avec grand soin et chacun des chapitres est précédé d'un tableau reproduisant les rubriques des pièces qui le constituent. Le cartulaire de Saint-Aubin se compose aujourd'hui de 128 folios numérotés de 1 à 129, série dans laquelle le numéro 2 fait défaut1. L'écriture est disposée sur deux colonnes, comme le montre le fac-simile du folio 7, sur lequel figurent les documenls XXI et XXII. Outre l'absence du folio qui a porté autrefois le numéro 2, on constate une lacune dans les textes entre les folios 4 et 5. La destruction de ces quatre pages a fait disparaître du volume les documents numérotés II, III, IV, V et le commencement du no Vl (2 3 4 5 et 6 du chapitre Ier, renfermant les actes des comtes d'Anjou) ainsi que les numeros XII, XIII, XIV et XV (3 4 5 et 6 du chapitre II, renfermant les actes des rois de France). Outre cette lacune accidentelle mais qui est déjà ancienne, il en existe deux autres dont la responsabilité incombe à l'auteur du cartulaire: au folio 50, de l'acte CLVIII il n'a donné que la rubrique, et, au folio 108, en réunissant Ies chartes de la Flèche, il s'est contenté de copier les rubriques des trois actes qu'il avait en main et il n'y a pas ajouté les textes. Nous dirons plus loin comment l'existence de ces rubriques a permis de combler la plus grande partie de ces lacunes. Marchegay, dans la description qu'il a donnée du cartulaire de Saint-Aubin,2 a écrit cete phrase: "Une grande partie des pièces que renferme ce manuscrit existe en original dans les Archives de la Prefecture." On s'attendait donc à retrouver dans celles-ci un nombre important des documents du cartulaire, et ce n'est pas sans étonnement que, même en acceptant comme originaux
les pancartes du XIe siècle, contemporaines des actes eux-mêmes, on a constaté que cette "grande partie" se réduisait à dix-neuf actes. Ils seront faciles à reconnaitre dans l'imprimé, car pour chacun d'eux la cote que le document porte dans la série H des Archives est donnée à la suite de la notice française de I'acte. Ce sont les numeros III, IV, V, XV, XXXVIII, LXXXIV, CX, CLXXXI, CXCIX, CCVI, CCVII, CCVIII, CCIX, CCXXXII, CCXXXVII, CCXLI, CCCXV, CCCXXXVI et CCCXXXVIII. On doit dire qu'en outre M. Charles d'Achon, dans son riche chartrier de la Roche-de-Gennes, possède l'original du numero CCXVII. Ce nombre d'originaux, bien inférieur à celui qu'on croyait trouver, est néanmoins suffisant pour permettre de juger la qualité des copies des moines de Saint-Aubin et d'affirmer Ieur parfaite exactitude. Il faut dès lors reconnaître que le manuscrit est d'une valeur encore plus grande qu'on ne Ie croyait, car, au lieu d'être un recueil tout fait d'actes faciles à trouver ailleurs, il constitue, pour trois cent soixante-cinq documents, leur unique smlrce et a pour eux toute la valeur d'un original. Quant aux lacunes signalées plus haut, le tableau des rubriques de chacun des chapitres, en indiquant à la fois d'une manière précise le nombre des actes disparus et la nature de chacun d'eux, a permis de reconnaître ceux qui étaient appelés à reprendre leur place dans le volume. C'est ainsi que l'acte II est donné d'après le Spicilège de d'Achéry (VI, 421), et Ies numeros III, IV, V et XV, d'après les originaux des Archives de Maine-et-Loire (H 100, 73; H 170; H 100, 74 et H 170). Pour le numero VI, dont on n'a pu retrouver le texte, force a été d'en limiter la publication à la partie finale telle qu'elle figure au folio 3. Il a été également impossible, malheureusement, de retrouver le texte des actes XII, XIII, XIV et CLVIII, dont seules les rubriques sont connues. Pour ce qui manque au folio 108, on eût pu ajouter les textes aux rubriques; mais on a cru mieux faire en réservant ceux-ci pour le tome II, afin de leur donner place à côté des autres documents relatifs à la Fleche, au nombre desquels ils occupent les numéros DCCXLVI, DCCXLVIII et DCCXLIX. Il faut ajouter ici qu'on a maintenu à sa place sous le numéro CXXXIX
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la charte originale que l'un des propriétaires du manuscrit a attachée au folio 45, à la suite des chartes des Ponts-de-Cé, sans se rendre compte que le Castellum Seii auquel se rapporte le document est Plessé (Loire-Inférieure). En somme, lors même que la publication actuelle se serait bornée à la mise au jour du tome Ier, elle ne serait pas denuée d'importance, car ce volume, où ont pris place trois cent quatre- vingt-douze numéros, tous anteriéurs à 1175, renferme trois cent soizante-cinq documents, pour lesquels il n'existe qu'une source unique, le cartulaire du XIIe siècle, où ils figurent en une copie presque contemporaine de leur confection, et dans laquelle on peut avoir une confiance absolue. Quant aux vingt-huit autres, aix ne sont connes que par Ieurs rubriques, un n'est publié qu'en partie; et, pour les vingt-et-un autres, ils existent encore à l'état d'originaux. Comme dans le manuscrit, les documents sont partagés entre les trente-deux chapitres ouverts par les moines en 1175; et afin d'aider à y trouver les passages ayant fait autrefois l'objet de citations, soit des foilios, soit des numéros des chartes dans chaque chapitre, eon a eu soin d'indiquer par des chiffres gras, placés en plein texte le point initial des folios, sans toutefois séparer ceux-ci en recto et verso. Quant aux trente-deux chapitres, ce sont des Iettres de l'alphalbet qui les distinguent l'un de l'autre et qui, répétées après chacun des numéros du classément général établi en chiffres romains, sont placées entre parenthèses et accompagnées du numéro spécial a l'acte dans chacun des chapitres 1. Le tome II, pour lequel la cadre chronologique a été étendu jusqu'à l'an 1200, n'a pas pour base, comme Ie tome Ier, un recueil établi au Xlle siècle; il est Ie fruit de longues recherches, et sa constitution n'a pas été sans demander un sérieux labeur, car, en outre des pièces empruntées aux séries H des Archives de Maine-et-Loire et de la Sarthe, il en présente d'autres fournies par la Bibliothèque Nationale: Manuscrits latins, 5447, 10000,
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12658, 13070, 13092, 17036, 17060, 17126; Manuscrits français, 22329; Baluze, 139; Duchesne, 22; Dupuy, 793 et Dom Housseau. La Bibliothèque d'Angers en a fourni, elle aussi, un certain nombre empruntés à ses manuscrits 175, 279, 318, 714, 738, 747, 748, 750, 752, 753, 760 et 859. Nous en avons découverts aussi au Cartulaire de la Roë et dans les cabinets de M. Charles d'Achon à la Roche-de-Gennes et de MM. J. Chappée et Hucher au Mans; enfin, nous avons cru devoir en reproduire qui avaient pris place déjà au Cartulaire du Ronceray et au Liber Albus Capitali Cenomanensis. De toutes ces sources, la plus riche de beaucoup était le dépôt de la préfecture d'Angers. Grace à l'envoi fait par Célestin Port des bonnes feuilles de son inventaire du fonds de Saint-Aubin, la liste de ce que celui-ci pouvait fournir au tome II fut rapidement dressée, mais, quand il s'agit d'obtenir la copie des documeuts, on se trouva en face d'une difficulté qui, tout d'abord, sembla ne pouvoir être tournée: un reglement d'une rigueur extrême, dont Célestin Port ne consentait jamais à se départir, interdisait absolument de faire sortir les documents des Archives de Maine-et-Loire du dépôt où ils sont conservés, pour les adresser, soit à d'autres archives départementales, soit à l'un des grands dépôts de Paris. Il en résultait impossibilité absolue de les mettre à la portée des copistes, qui font défaut à Angers. Force semblait être d'abandonner l'entreprise, quand M. Delisle nous communiqua le dossier de Saint-Aubin, extrait des copies faites autrefois par Célestin Port pour l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Dès lors, nous pouvions faire nous-même les copies des documents anterieurs à 1180, tandis qu'en même temps M. Adrien Planchenault, avec un dévouemcnt dont on ne saurait lui être trop reconnaissant, acceptait la charge de prendre à Angers, sur les originaux, les textes des vingt dernieres annees du XIIe siècle, lesquels étaient en dehors du cadre chronologique assigné aux copies faites pour l'Académie. Notre travail à l'un et à l'autre était bien avancé quand nous eumes connaissance a la Bibliothèque Nationale des volumes 5025 à 5030 du fonds des Nouvelles Acquisitions Françaises, dans
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lesquels Marchegay avait groupé le fruit de ses recherches sur Saint-Aubin. Notre besogne s'en trouva singulièrement simplifiée; M. Planchenault put cesser ses copies à Angers, car dès lors nous pouvions transcrire nous-mêmes ceux des documents qui faisaient encore défaut, et, en contrôlant les copies faites sur M. Port à l'aide de celles de Marchegay, établir un texte qui n'exigeait plus qu'une courte révision sur les originaux d'Angers. Pour ce tome II, il eut été loisible d'en publier les documents dans l'ordre chronologique; mais, entraîné par le parallélisme du tome Ier, on s'est décidé à les donner, eux aussi, dans l'ordre géographique; et pour cela on a ouvert un chapitre spécial à chacun des prieurés. La tâche du reste a été facilitée, à ce point de vue, par le recueil Marchegay, dans lequel les pieces sont rangées dans l'ordre géographique. Bien qu'il soit d'usage en France de publier les textes du moyen âge d'un seul tenant, on croit néanmoins devoir couper ceux-ci en alinéas, qui ne les défigurent pas plus que la ponctuation, que tout le monde s'accorde à y ajouter, et qui facilitent singulièrement leur dépouillement. Pour les lecteurs qui trouveraient nos coupures arbitrairement placées, rien de plus simple que de n'en tenir aucun compte. Parmi les originaux qui nous sont passés par les mains dans les vieilles archives de Saint-Aubin, il en est quelques-uns qui ont semblé dignes d'être reproduits en fac-simile. On trouvera, à la fin du tome III, dix planches données sous les numeros suivants:
III. - Charte de la comtesse Adèle, 6 mars 974.
XI. - Précepte de Charlemagne, 17 juillet 808.
XXI et XXII. - Folio 7 du Cartulaire.
LXXXIV. - Don de Foulques le Jeune, 1113.
CCCXXXVIII. - Don de Raoul, vicomte du Maine, 12 mai 1112.
LXXXIV et CCCCXXVI. - Deux dons de Foulques le Jeune, 1109-
1110 et 1113.
DCLXVI. - Lettre de Geoffroy de Tours, 8 août 1089.
DCCCXXI.-Charte de Geoffroy Grisegonelle, avril 976.
DCCCCXXX. - Don de Foulques Nerra, 23 mars 1103.
XIV CARTULAIRE DE SAINT-AUBIN
DCCCCXLI. - Charte d'Yves de Bellême relative à Roullée (1033- 1036).
Deux des originaux ainsi reproduits appartiennent à des archives privées: le numero DCCCXXI à M. F. Hucher, le DCCCCXXX à M. Charles d'Achon1.
(here is inserted the graphic of the St-Aubin seal, labeled: Sceau et Contre-Sceau de l'abbaye de Saint-Aubin.)
A côté de ces fac-simile, il eut été utile de placer la série des sceaux des abbés de Saint-Aubin antérieurs au XIIIe siècle.
INTRODUCTION XV
Aucun de ces sceaux n'étant connu, on se bornera à la reproduction du dessin du sceau de l'abbaye qui figure encore aujourd'hui au bas de l'acte de 1232 imprimé sous le numéro 2215 de l'Inventaire des Layettes du Trésor des Chartes, mais dont la gravure remonte certainement au XIIe siècle. C'est un sceau ogival contenant au centre un personnage - évêque ou abbé-vu de face, assis sur un banc, tenant sa crosse et donnant la bénédiction. La légende est: [cross] SlGlLLUM CAPITULI BEATI ALBINI ANDEGAVENSIS. Le contre-sceau représente un personnage tête nue, à mi-corps, vu de face, tenant une crosse de la main droite et un livre de la gauche. La légende est: [cross] CUSTOS SUM SECRETI CAPITULI. En mettant au jour les trois présents volumes ce n'est pas sans regret qu'on n'y a pas ajouté les textes des documents de Saint-Aubin appartenant au XIIIe siècle, lesquels, s'ils n'ont pas toute l'importance de ceux des siècles précédents, présentent cependant un très sérieux intérêt. Mais ayant constaté que, d'une part, il nous était impossible de nous en procurer des copies fidèlement établies, et, que, de l'autre, il n'existait à Angers aucun savant qui consentit à se charger de cette publication, dont nous offrions de lui laisser l'honneur, tout en prenant les frais à notre charge, nous avons dû nous résoudre à limiter la publication aux textes antérieurs à l'an 1200. Mais il y a à Angers, dans le fonds de Saint-Aubin, trois ou quatre cents pieces du XIIIe siècle - de quoi faire un important volume - qui réclament un editeur. Sans doute quelque jour il s'en présentera un. Il est regrettable que son oeuvre doive venir trop tard pour pouvoir faire corps avec celle-ci. On s'est efforcé de déterminer la date de chacun des documents contenus dans les deux volumes. Malheureusement ils sont bien peu nombreux les actes dont le texte même renferme une date qui ne demande qu'une simple traduction; aussi, dans la plupart des cas, nous avons été contraint de nous aider des synchronismes. Chaque fois que ceux-ci ont été fournis par des personnages - les abbés par exemple - dont les fonctions ont eu une durée connue, on a été en mesure d'assigner l'acte à une
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époque d'une certitude parfaite. Il n'en a plus été de même quand force a étéde se contenter des noms des témoins, plus ou moins obscurs, qu'il fallait aller cherchcr dans des actes dont la date se resout en une simple période, car, le fait qu'un témoin s'est rencontré dans une ou plusieurs chartes en même temps qu'un abbe ne saurait prouver que le personnage en question n'a vécu ni avant ni apres l'époque pendant laquelle cet abbé a été à la tête de Saint-Aubin. Comme on le voit, nous n'ignorons rien de ce qu'il peut y avoir d'approximatif dans les résultats ainsi obtenus; mais, comme ils peuvent cependant rendre quelques services, nous n'avons pas négligé de les enregistrer et c'est avec leur secours que nous sommes parvenu a dresser la Table chronologique des documents contenus dans les deux volumes, table qui prend place à la suite de cette introduction1. A la fin du tome III on trouvera, sous le titre de deuxième appendice, quatre documents qui n'ont pas pu prendre place dans les chapitres qu'ils concernent; contrairement à ce qui a eu lieu pour les documents placés au premier appendice (t. II, 421-425), ces nouveaux venus, à raison de la place qu'ils occupent, n'ont pu être analysés dans la table des noms. Aussi est-il à propos d'appeler l'attention sur eux, en faisanbt remarquer qu'aux errata on a pris soin, pour les uns comme pour les autres, de signaler la page où il y a lieu d'aller les prendre pour leur restituer leur rang. Au moment de mettre fin au labeur déjà ancien que nous a imposé la mise au jour de cet important recueil, nous tenons à dire merci à ceux qui nous en ont allégé la charge: merci à M. François Dolbet, dont les belles copies ont singulièrement aidé l'impression du tome Ier; merci à M. Adrien Planchenault, si
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gracieusement venu à notre aide à l'époque où nous estimions que, sans son concours, il serait impossible de constituer le tome II; merci à M. Léopold Delisle, qui nous a procuré les copies des chartes de Saint-Aubin, faites aux frais de l'Institut, et qui, à plusieurs reprises, a rappelé au Comité des Travaux historiques l'intérêt scientifique que présentait la mise au jour de notre publication; merci, merci encore et surtout à M. Eugène Lelong: il n'a cessé d'encourager notre entreprise et de la seconder; au milieu de bien d'autres travaux il a sacrifié de longues heures à collationner avec nous les épreuves sur les manuscrits et à les revoir au besoin à Angers sur les originaux; il a été l'intermédiaire entre nous et la Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers et a obtenu d'elle que le Cartulaire de Saint-Aubin fut la tête de série d'une Collection de Documents historiques sur l'Anjou, dont il constitue les tomes I, II et III1; enfin il a assumé la lourde charge de faire la table des noms que seul il pouvait établir parce que nul aussi bien que lui ne pouvait procéder à l'identification des noms de lieux qui y figurent. Si tous ceux qui la consultent peuvent admirer la science qu'il y a déployée, nous seul pouvons témoigner de ce que nos volumes doivent à M. Lelong, qui, avec une patience qui ne s'est pas lassée, nous a mis en garde contre les erreurs où pouvait nous entrainer notre inexpérience des choses de l'Anjou.